Ahmed Salah Bara expose dans la galerie d'art Asselah à Alger

22 novembre 2013

 

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Arts plastiques 

Ode à la femme
Yacine Idjer...Publié dans Info Soir le 19 - 10 - 2013

Palette - Ahmed Salah Bara, plasticien natif de Souk Ahras, expose à la galerie d'arts Asselah et ce, à l'initiative de l'établissement Arts et Culture. 
L'exposition a quelque chose de particulier, voire d'original. Cette originalité tient de cette récurrence que donne à voir et à ressentir chacune de ses peintures.
En sillonnant effectivement l'exposition, notre regard est aussitôt saisi par la ressemblance entre la plupart des peintures accrochées sur les cimaises de la galerie. Puisque le sujet est le même : il s'agit de la femme.
C'est ainsi que la femme kabyle côtoie les fqaïrate (groupe de musiciennes) de l'Est algérien et les femmes de Tindouf ou les femmes mozabites ou chaouies. Toutes ces femmes arrivent à attirer le regard par cette touche singulière qui éclate en plusieurs luminosités. Toutes ont le visage maquillé à l'identique : elles sont fardées d'un bleu criard sur les paupières.
Seul ou en groupe, le personnage de la femme, un sujet, semble-t-il, cher et récurrent pour le plasticien, puisqu'il en fait sa préoccupation esthétique et investit avec une présence imposante l'espace pictural, donne certes l'illusion de l'identique, mais en réalité, si l'on s'attarde sur le détail, l'on peut constater une différence entre les différents éléments présentés d'un tableau à l'autre. Il n'y a que le personnage qui est identique, répété, mais autrement, différemment. La façon dont celui-ci est présenté – ou représenté – est donc différente d'une peinture à l'autre et ce, notamment au niveau de la composition et de l'organisation de l'espace dans lequel ce dernier évolue, c'est-à-dire l'on parle du même personnage mais son apparence vestimentaire et la scénographie à laquelle il appartient, changent d'une situation à l'autre. Ce semblant de ressemblance, alors qu'elle n'en est pas vraiment une, confère aux tableaux à la fois homogénéité et harmonie. Le travail mené en ce sens par le plasticien est recherché, s'attardant minutieusement sur le détail, privilégiant à chaque fois les volumes, cherchant, de n'importe quelle façon, à rendre les traits et les contours saillants. Ce travail pointilleux relève toutefois de l'intuition, puisque celle-ci est alimentée en émotions et est générée par elles. Tout le geste du plasticien est aiguillé par cette intensité émotionnelle, un sentiment loin d'être détourné ou réducteur.
Autrement dit, celui qui réussit dans son travail à élaborer des images saisissantes, tant par le choix des couleurs – la palette est loin d'être exubérante mais elle se veut chaude et accrocheuse – que par la forme – le jeu de la composition est équilibré, voire harmonieux – s'emploie dans sa démarche artistique à représenter la femme, tantôt au singulier tantôt au pluriel, d'une manière telle que cette dernière est simplement réinventée artistiquement, en dehors de toute représentation stéréotypée, c'est-à-dire loin de tout désir subconsciennel, voire de tout fantasme exotique ou érotique, fantasme réducteur ramenant la femme à quelque chose de lascif. Le geste du plasticien est rendu visible par cette force de caractère qui, elle, est animée par une sincère tendresse filiale et fraternelle et nous baigne dans l'essence même de leurs expressions quotidiennes.
 

............................Yacine Idjer

 

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Posté par founoune à 11:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]